07 février 2007
L'abstentionnisme, un acte politique
7 février 2007
Ne pas passer par les urnes, c’est s’inscrire dans une critique radicale de toutes les formes de pouvoirs.
Par Pierre Bance directeur de la publication de Droit et Société.
Libération, mercredi 7 février 2007
Peu importe que le président de la République soit de droite ou de gauche. Pour résister à l’hégémonie néolibérale, l’essentiel n’est pas de voter mais de lutter. Lutter contre le pouvoir, quel qu’il soit, car il corrompt les mieux intentionnés. Lutter pour l’émergence d’une société plus juste, plus libre et, pourquoi pas, égalitaire. Toutes les expériences socialistes de gouvernement, en France et ailleurs, sont des échecs au regard du socialisme. Ne parlons pas des dérives du communisme d’Etat. Quant à la gauche antilibérale, elle a montré combien les stratégies électoralistes sont destructrices de l’action collective.
Alors, faut-il rêver de prendre le pouvoir ou agir pour le rendre inutile , plutôt que de nous trouver en situation d’incapables majeurs pour avoir délégué notre autonomie de décision à un président, un député, un maire ? Tous incontrôlables et incontrôlés, utilisons nos intelligences et nos compétences multiples pour organiser les luttes économiques et sociales. «Agir au lieu d’élire» est un slogan qui fait son chemin partout dans le monde. Qui ne l’a compris, ici, avec la révolte contre le CPE menée par une foule certes peu structurée mais autonome et déterminée, derrière laquelle couraient politiciens et bureaucrates, toujours prêts à récupérer le mouvement, à négocier en son nom !
Au-delà de l’action au quotidien, par l’éducation, par la formation, par un fonctionnement et une pratique antiautoritaires, par une discipline collectivement voulue et respectée, le mouvement social organisé préparera une société sans exploitation qui remplacera, par la démocratie directe, la démocratie représentative ou sa doublure, la démocratie participative.
L’abstention politique n’a donc rien à voir avec la «démocratie impolitique» décrite par Pierre Rosanvallon. Pour beaucoup d’abstentionnistes, leur prise de position n’est pas une simple protestation mais s’inscrit, bien au contraire, dans un projet politique : celui d’une critique radicale de toutes les formes de pouvoir et de la construction d’un autre futur ne passant pas par les urnes.
Il est rassurant, et de l’ordre de la pensée unique, de mettre l’abstentionniste au rang de l’incivique, du populiste ou de l’utopiste, alors que, souvent il milite pour des causes autrement engageantes que de mettre un papier dans une boîte pour désigner, sur une longue période, un mandataire sans mandat. Est-il incivique de ne pas se résigner, de penser que l’on peut subvertir la société par sa propre activité sociale plutôt que se complaire dans la passivité électorale ?
L’irresponsabilité n’est-elle pas, par exemple, de faire croire aux jeunes des banlieues qu’ils trouveront la solution de leurs problèmes par le vote ? Est-il populiste de douter du parlementarisme ? Le populisme comme le fascisme se nourrissent toujours à la mamelle électorale. Est-il utopique de rêver encore de la Sociale ? Moins que de croire en un dieu, en un sauveur ou une sauveuse suprême ; pas plus que de se satisfaire d’une fiction de représentation pour vaincre l’injustice. Refuser d’exercer son droit de vote, c’est casser la légitimité du pouvoir fondée sur un épisodique lien électoral et affirmer sa souveraineté individuelle dans un avenir collectif.
Il y aura bientôt cent cinquante ans, la Première Internationale proclamait que l’émancipation des travailleurs serait l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. Le mot d’ordre est toujours actuel, plus vrai encore. A travers la planète, les travailleurs victimes du capitalisme, comme la composante autogestionnaire du mouvement altermondialiste, ne pensent pas autrement quand ils entrent en résistance contre l’hégémonie néolibérale. Le capitalisme triomphant sera éternel si l’histoire se fossilise dans l’urne !
23 octobre 2006
France et pays nordiques : écoutons les différences!
Par Alain Lefebvre, Expert en relations du travail. Vit à Stockholm. Dernier ouvrage paru : «Faut-il brûler le modèle social français ?», aux éditions du Seuil.
Les ministres français sont énarques, médecins, avocats, parfois enseignants… Les gouvernements nordiques comprennent un nombre surprenant d'ouvriers, de peintres en bâtiment, d'employés de bureau, d'infirmières, de travailleurs sociaux…
Lorsque l'on observe de Stockholm la politique française, le plus
frappant n'est pas la différence de culture entre politiciens nordiques
et politiciens français. Encore qu'elle existe : les nôtres ont fait
l'ENA et pas les nordiques. Pour prendre l'exemple des ministres, les
français sont énarques, médecins, avocats, parfois enseignants,
c'est-à-dire qu'ils viennent des catégories supérieures, au moins par
l'éducation. Les gouvernements nordiques comprennent un nombre
surprenant, pour nous, de gens normaux, d'ouvriers, de peintres en
bâtiment, d'employés de bureau, d'infirmières, de travailleurs sociaux,
qui pour la plupart ont fait leurs classes dans les écoles des
syndicats ou sur le terrain. Pourtant, au final, le résultat n'est pas
trop mauvais : la croissance « exceptionnelle » obtenue par nos
inspecteurs des finances français, à 2,5 % en 2006, est bien loin des 4
à 5 % qui sont le lot des dirigeants nordiques. Un peu curieux, quand
même.
Autre différence notable : le
vocabulaire. Certes, on dort à peu près autant pendant les débats
nordiques (entre nous, surtout en Suède) que pendant les débats
politiques français. C'était d'ailleurs un des reproches faits à Göran
Persson, social démocrate de gauche qui a perdu les élections face à M.
Reinfeldt, social démocrate de droite, beaucoup plus jeune et, il faut
le dire, moins grognon. Pourtant, Göran était meilleur pour haranguer
les foules (je le sais, j'y étais) que dans les débats. Mais il y a une
différence avec nos politiciens : faute de l'éducation idoine, les
politiciens nordiques sont compréhensibles. Ils parlent comme tout le
monde, et à part une partie des immigrés, tout le monde peut les
comprendre. Il faut dire qu'ils parlent beaucoup de vie quotidienne, et
peu des grandes affaires du monde : lors de la récente élection en
Suède, personne n'a réellement parlé d'Europe, d'alignement ou non sur
les USA ou de modèle social européen, ni même de force tranquille,
d´ordre juste, de fracture sociale ou de rupture, mais beaucoup du
temps qu'il faut pour avoir un rendez-vous chez certains spécialistes,
ou des salaires insuffisants, ou du fait que beaucoup de suédois ne
sont pas chômeurs, mais ne sont pas au travail pour autant, et que
c'est autant de pauvres. Ce serait un bon sujet en France, d'ailleurs,
on en reparlera.
Les suédois sont aussi assez surpris
de voir autant de femmes qui vont participer chez nous à la
présidentielle, et peut-être même la gagner : Ségolène Royal,
Marie-Georges Buffet, Michèle Alliot-Marie et j'en passe, voilà qui
fascine des suédois féministes, mais peu enclins pour le moment à
confier les clés du pouvoir suprême aux femmes, ni d'ailleurs la
direction des entreprises. Cela explique un intérêt soutenu des médias
pour Ségolène Royal, qui de plus semble s'intéresser aux pays
nordiques. Il est vrai qu'ils ont l'habitude d'être parfois traités par
nos dirigeants avec la condescendance due aux « petits pays », et donc
l'attitude de la précandidate socialiste les change. Cela étant, il y a
plusieurs années que les finlandais ont une présidente, et notre
situation ne présente pas pour eux le même attrait. Quand elle a été
élue, une amie finlandaise m'a dit : « Ahtisaari (le président
précédent, un homme), sera le dernier homme président en Finlande,
parce que les femmes ont plus les pieds sur terre et sont meilleures en
communication ». Je n'y crois pas, mes copains finlandais vont
reprendre le pouvoir, mais je passe le message, au cas où.
Non, la plus grosse différence est que
les candidats français ont la peur au ventre : ils se comportent comme
si la moindre déclaration, la plus petite opinion, risquait de les
mettre en danger. Je sais, pour en avoir côtoyé certains et non des
moindres, qu'ils ont des idées originales, des choses à dire, des
propositions audacieuses, dont les français sont finalement privés. Il
est vrai que la presse attend que Nicolas Sarkozy dérape ou que
Ségolène Royal fasse la proposition de trop, parce que c´est plus
marrant. D´accord, j´aime aussi rire, mais regardez où cela nous a
conduit aux dernières élections, avec Jean-Marie. Plus sérieusement, le
résultat est que nous les poussons à se contrôler, à éviter tout ce qui
serait une révolution, une rupture, et à embaucher comme Nicolas
Sarkozy deux co-rédacteurs de discours, l'un gaulliste social et
spécialiste de fractures sociales, l´autre libérale pur sucre, histoire
d´éviter l´originalité qui tue. Ceux qui se plaignent du discours
parfois prudent et donc peu enthousiasmant de nos politiciens d´élite
seront les premiers à se jeter sur le candidat qui aura « dérapé »,
c´est à dire qui aura fait preuve de courage et donné son opinion.
Alors, je vais faire quelques propositions nordiques pour les
encourager, en me limitant aux deux candidats de renouvellement,
Ségolène et Nicolas, car ils nous sont devenus assez familiers,
finalement :
Pour Nicolas, sur l´immigration, le
discours qui a fait le succès du premier ministre danois: annoncer que
l´on va remettre tous les étrangers au travail avant d´en accepter
d´autres, pour cela les obliger à faire un stage d´un an en entreprise
ou en collectivité locale pour conserver leur RMI (certes de 60 à 100 %
de plus qu´en France) avec cours de français sur le lieu de travail,
organiser des foires à l´emploi réservées aux immigrés au chômage où
des employeurs publics et privés viennent proposer des postes vacants,
créer des aides spéciales et des réseaux de soutien pour les chefs
d´entreprise ethniques (curieusement, on a montré que les PME créées
par les danois ethniques sont plus solides, se développent plus vite et
exportent beaucoup plus que celles créées par les danois d´origine)…
Pour Ségolène, sur la
décentralisation, encore une recette d´inspiration danoise qui a fait
réélire un gouvernement : en finir avec l´enchevêtrement de
compétences, donner aux communes les compétences sociales, l´éducation,
la protection de l´environnement et la santé primaire, avec un
financement local et une péréquation pour assurer l´égalité, revoir la
taille des communes pour qu´elles fassent au moins 30 000 habitants
(soit un bassin d´emploi ou un « pays » en France), supprimer les
départements, donner aux régions la compétence sanitaire, supprimer les
services déconcentrés sociaux et sanitaires, décentraliser aux
partenaires sociaux au plan régional et local la politique de l´emploi
avec des crédits du niveau national, donner un pouvoir d´investigation
sans limite aux citoyens et aux médias sur toutes les dépenses et
activités publiques, renforcer les pouvoirs et surtout les moyens des
chambres régionales des comptes en supprimant le contrôle à priori de
la dépense….
Malheureusement, on n´est pas près de
voir cela se produire, n´est-ce pas ? Et pourtant, les français
préfèrent aujourd´hui le discours de changement de nos deux trublions
Nicolas et Ségolène (qui a dit Pimprenelle ?) à celui de leurs
rassurants collègues de l´ancienne école. Cela donne à penser, et de
nombreux observateurs considèrent que si Al Gore s´était lâché sur
l´environnement ou John Kerry sur l´Irak, le monde serait différent,
sans Georges Bush… Il ne faut pas partir la peur au ventre, mes amis.
Je promets d´être plus sérieux la prochaine fois …
Lundi 23 Octobre 2006
Alain Lefebvre
Source : Marianne2007.info
13 octobre 2006
Moi, Albert Jacquard, ministre de l’Éducation, je décrète :
Par Albert Jacquard
Préambule : L’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir. Moi, ministre de l’Éducation nationale, je n’ai qu’une obsession : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regarder les autres et leur environnement, à écouter, discuter, échanger, s’exprimer, s’émerveiller. À la société de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entreprises d’organiser les évaluations et la formation de leur personnel à l’entrée des fonctions. Il faut que les rôles cessent d’être inversés : l’éducation nationale ne produira plus de chair à profit.
Article premier : Il faut supprimer tout esprit de compétition à l’école. Le moteur de notre société occidentale est la compétition, et c’est un moteur suicidaire. Il ne faut plus apprendre pour et à être le premier.
Article deuxième : L’évaluation notée est abandonnée. Apprécier une copie, ou pire encore, une intelligence avec un nombre, c’est unidimentionnaliser les capacités des élèves. Elle sera remplacée par l’émulation. Ce principe, plus sain, permettra la comparaison pour progresser, et non pour dépasser les camarades de classe. Mettre des mots à la place des notes sera plus approprié.
Article troisième : Les examens restent dans leur principe, sachant que seuls les examens ratés par l’élève sont valables. Ils sont utiles aux professeurs pour évaluer la compréhension des élèves. Mais les diplômes ou les concours comme le baccalauréat sont une perte de temps et sont abolis. Sur tous les frontons des lycées figurera l’inscription : " Que personne ne rentre ici s’il veut préparer des examens. "
Article quatrième : Les grandes écoles (Polytechnique, l’ENA...) sont remises en question dans leur mode de recrutement. La sélection, corollaire nécessaire de la concurrence, et qui régissait l’entrée dans ces établissements, ne produisait que des personnalités conformistes, incapables de créativité et d’imagination. Pour entrer à l’ENA, des jeunes de vingt-cinq ans devaient plaire à des vieux de cinquante ans. Ce n’était pas bon signe.
Article cinquième : Les enseignants n’ont plus le droit de se renseigner sur l’âge de leurs élèves. Les dates de naissances doivent être rayées de tous les documents scolaires, sauf pour le médecin de l’école. Il n’est plus question de dire qu’un enfant est en retard ou en avance, car c’est un instrument de sélection. Chacun doit avancer sur le chemin du savoir à son rythme, et sans culpabilisation ou fierté par rapport aux camarades de classe. Par contre, un professeur a le devoir de demander à l’élève ce qu’il sait faire pour adapter son enseignement, éventuellement programmer un redoublement. Le redoublement est d’une réelle utilité s’il n’a pas de connotation de jugement.
Article sixième : Chaque professeur sera assisté d’un professeur de philosophie. Il faut en effet doubler l’accumulation des connaissances d’une approche par les concepts. Il faut en particulier passer par l’histoire des sciences, resituer les connaissances par rapport aux erreurs historiques d’interprétation des savoirs. Il faut que les élèves aient conscience des enjeux politiques qui se cachent derrière le progrès scientifique. On pourra rester quelques semaines sur un même concept, plutôt que de saupoudrer du savoir dans chaque cours.
Article septième : Le travail des professeurs par disciplines est annulé au profit du travail en équipe. La progression du travail des classes ne doit pas être perturbée par des impératifs de programme.
Article huitième : Chaque personne disposera dans sa vie, vers la fin de la trentaine, de quatre années sabbatiques afin de faire le point, se réorienter, apprendre d’autres choses. Chacun a le droit de vouloir changer de métier ou de vocation, parce qu’il n’est pas évident de se déterminer définitivement à dix-huit ans.
Article neuvième : le ministère de l’Économie ne dictera plus ses besoins au ministère de l’Éducation. Dorénavant, le ministre de l’Économie donnera tous les moyens nécessaires à l’Éducation nationale pour réussir sa vocation.
Journal l'Humanité
Rubrique Politique
Article
paru dans l'édition du 22 mars 1999.
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01 mars 2006
Rien n'est sacré, tout peut se dire
En ces temps d'affaire des caricatures, de politiquement correct, une lecture saine s'impose.
Rien n'est sacré, tout peut se dire : Réflexions sur la liberté d'expression
de Raoul Vaneigem, préface de Robert Ménard, Editions La Découverte
Quatrième de couverture :
"Il n'y a ni bon ni mauvais usage de la liberté d'expression, il n'en existe qu'un usage insuffisant." L'affirmation de Raoul Vaneigem donne le ton de cet essai qu'il consacre à la liberté la plus fondamentale de l'être humain. Un texte sans concession pour défendre une liberté qui ne doit, d'après lui, rencontrer aucune limitation, qu'elle soit politique, morale ou juridique.
Contre les vérités sanctuaires et les secrets d'Etat, contre les lois sur la calomnie, le racisme et la pornographie, l'auteur considère qu'on ne combattra et vaincra la bêtise et l'ignominie qu'en travaillant à faire disparaître les conditions qui les rendent possibles. Il affirme haut et fort : "Autorisez toutes les opinions, nous saurons reconnaître les nôtres, nous les combattrons, nous apprendrons à annuler la force attractive des nuisances. {...} Nous les combattrons par la seule critique qui les puisse éradiquer : en pensant par nous-mêmes..." L'enjeu de l'usage illimité et entier de la liberté d'expression est pour Raoul Vaneigem, que l'homme parvienne enfin à sortir de son état de minorité et de dépendance, à se restaurer dans sa pleine humanité.
Ce texte provocateur, d'une grande qualité littéraire, met en pièce les idées reçues qui courent dans le débat public. Il ébranles certitudes raisonnables des biens-pensants et bouscule les bonnes intentions des juges et des apprentis censeurs qui toujours veulent imposer des limites à une activité qui ne peut en tolérer aucune.
24 février 2006
La croisière s'amuse...
17 février 2006
La surveillance high tech est-elle soluble dans le low tech ?
Un appareil photo
jetable pour détruire les puces RFID, des stylos lasers pour aveugler
les caméras de vidéosurveillance, de la pâte à modeler pour flouer les
contrôleurs biométriques, le dossier brouillon d'un webmail pour
déjouer l'interception des communications, un vrai-faux passeport
biométrique pour endormir la confiance des policiers…: la surveillance
high tech serait-elle soluble dans le low tech ?
Source : Fondation Internet Nouvelle Génération
27 janvier 2006
Appel de Bamako pour le respect et la dignité des migrants
Forum Social Mondial Polycentrique
Janvier 2006 /
Bamako, Mali
26/01/2006 — Le Forum Social Mondial Polycentrique de Bamako s'inscrit dans le processus de construction d'une alternative aux politiques néo-libérales.
Au nom de la lutte contre l'immigration clandestine, les gouvernements mettent en œuvre une politique de répression et d'externalisation aux frontières de pays riches, à travers des camps, des refoulements, des expulsions, et de la sélection de la force de travail.
Ces politiques conduisent en particulier aux drames de Ceuta et Melilla et du Caire, aux morts du desert, de la Méditerranée ou du Rio Grande.
Nous proposons de construire au niveau international une alliance solidaire des sociétés civiles, des ONG, des mouvements sociaux et des associations contre ces politiques meurtrières…
De Bamako à Nairobi, nous proposons une année de mobilisation internationale pour le droit de toute personne à circuler librement dans le monde et à décider de son propre avenir. Les propositions suivantes sont issues d'ateliers consacrées aux migrations lors du forum social polycentrique de Bamako :
1. Nous appelons à la création d'un réseau international d'échange d'informations et d'actions pour les droits de tous les migrants ;
2. Nous appelons à la mise en place d'un axe thématique « migrations » dans le processus de préparation de Nairobi 2007 ;
3. Nous proposons une journée mondiale de mobilisation qui pourrait se tenir dans les lieux symboles des frontières (aéroports, camps de détention, ambassades, etc.) :
- contre le droit d'exception appliqué aux migrants,
- contre la politique de répression de l'émigration,
- pour la fermeture des camps et la liberté de circulation des personnes.
Le sommet euro-africain de Rabat, au printemps 2006, doit être la première étape de cette mobilisation.
Bamako, janvier 2006
Organisations signataires : AMDH(Maroc), ARCI (Italie), ATMF (France), CEAR (Espagne), Chabaka des Associations du Nord (Maroc), CIMADE (France), GISTI (France), IPAM (France), Migreurop, Paderas de la Vida (Maroc), Sincobas (Italie), Todo Cambia (Italie).
Source : GISTI
24 janvier 2006
Surendettement
"Je ne m'étonnais jamais qu'ils achètent tous ces trucs qu'ils
ne pouvaient pas payer. J'aurais fait la même chose. J'avais fait la
même chose. Les seules fois où j'avais vraiment fait de grosses
courses, je n'avais pas un sou vaillant. Faire des achats est la seule
activité qui vous permet d'oublier que vous n'êtes pas en mesure de
faire des achats."
Eureka Street, de RobertMcLiam Wilson, aux Editions 10/18
06 décembre 2005
La « racaille » et les « vrais jeunes. Critique d’une vision binaire du monde des cités
La « racaille » et les « vrais jeunes. Critique d’une vision binaire du monde des cités
Par Stéphane Beaud et Michel Pialoux
Beaucoup ont été surpris par les violences [dites] urbaines des semaines dernières. Ayant publié en 2003 un livre intitulé Violences urbaines, violence sociale
(Fayard, 2003) dont le point de départ était une « émeute urbaine »
dans la ZUP de Montbéliard, ces événements ne pouvaient pas constituer
pour nous une surprise. Les dernières phrases de notre livre évoquaient
l’ampleur des discriminations subies par les jeunes Français issus de
l’immigration et s’interrogeaient sur les conséquences sociales de
l’impossible accès à l’emploi stable pour la majorité d’entre eux. Et
le livre s’achevait par ces mots : « autant de bombes à retardement
!... » (...)
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24 novembre 2005
C'est dit !!!
"L'islamisme n'est pas lié aux événements des banlieues. Il faut chercher d'autres causes."
Pierre de Bousquet de Florian, directeur de la DST (direction de la surveillance du territoire), hier sur RTL (le 22 novembre 2005).
Il faut relayer ces propos....
Les causes : la misère sociale, des policiers hyper agressifs, des provocations multiples des hommes d'Etat. Entre autres.






